L’été en pente douce
En remportant ses quatre matches de qualification, l’Équipe de France a quasiment assuré sa place à la Coupe du Monde 2027. Elle a également retrouvé Victor Wembanyama, leader d’un secteur intérieur surdimensionné qui permet de rêver en grand.
L’objectif était double pour Frédéric Fauthoux cet été. Essayer de réunir, enfin, ce qui pourrait constituer une équipe type avant les grandes échéances internationales à venir. Et gagner afin d’assurer sa présence aux dites compétitions. Au final, après deux fenêtres de qualification début juillet puis fin août, le contrat aura été presque rempli. Sur le plan comptable, la période estivale aura été une totale réussite. Quatre victoires en autant de matches et une première place du groupe L qui ne laisse guère de doute sur la présence des Bleus au Qatar en 2027. La sélection pourra donc aborder relativement tranquillement ses quatre dernières sorties programmées en novembre puis en février. "Je suis très content", a résumé Frédéric Fauthoux. "Il faut maintenant conclure le travail et ne pas se relâcher. C’est l’occasion de tenter des choses, de voir d’autres joueurs. On y sera obligé." Les calendriers de l’EuroLeague ayant été construits sans prendre en compte les réalités de la FIBA, présenter un bilan de 7 victoires pour 1 défaite est un avantage conséquent dont ne disposent pas des pays comme la Lituanie ou la Grèce, en très fâcheuse posture dans leur groupe.
Quant à la construction d’équipe, le staff technique aura dû composer avec des absences à l’un puis à l’autre des deux rassemblements. 20 joueurs ont ainsi été vus et certaines associations n’ont jamais pu être testées. "C'est sûr que j'aurais préféré les avoir tous en même temps", reconnaît le sélectionneur. "On connaît très bien la valeur intrinsèque des joueurs. On sait qui ils sont, on sait comment ils peuvent jouer. La difficulté, c'est de les faire jouer ensemble. Sauf qu’on en a eu certains en juillet, on a les autres au mois d'août. Donc, on essaie de mettre des choses en place pour que le jour où ils seront tous là, les automatismes s'emboîtent le plus rapidement possible. Donc, ça peut être un inconvénient. En tout cas, ça retarde la cohésion et les automatismes d'un groupe final." Frédéric Fauthoux a, à plusieurs reprises, utilisé l’image du puzzle pour évoquer cette Équipe de France protéiforme qui n’a de cesse de changer depuis le début de son mandat après les Jeux Olympiques de Paris. Il n’a, ainsi, eu l’occasion de diriger qu’à deux reprises, en 25 rencontres, celui qui incarne toute l’ambition du basket français. Pour son retour, Victor Wembanyama n’a pas déçu et, associé à Rudy Gobert et Maxime Raynaud (alors qu’Alexandre Sarr a dû déclarer forfait sur blessure) constitue une frontline unique au monde. "On a cette force nouvelle et il faut savoir s’habituer avec ces joueurs qui dominent dans la raquette", note Frédéric Fauthoux. "Quand Victor est là, il y a énormément plus d'attente, parce que peut-être que les gens ne comprendraient pas qu'on puisse perdre avec Victor. Sauf que ça reste un jeu et il y a toujours des adversaires en face et que les adversaires peuvent être meilleurs que nous."
La Serbie, notamment, l’a démontré lors d’un match de préparation à Belgrade. Et l’Allemagne, le Canada et bien évidemment les États-Unis sont tout autant des candidats à une médaille d’or mondiale que les Tricolores. Pour les représentants européens, serbes et allemands, leur expression collective est aujourd’hui supérieure à celle des Français. Canadiens et Américains se reposent, eux, sur la qualité exceptionnelle de leurs individualités. Les Bleus, devront trouver un chemin. "Notre objectif est d’être la meilleure défense du monde mais on voudra aussi très bien jouer au basket", annonce leur coach. "On a la responsabilité de plaire…" De plaire et de gagner. Une ambition qui affleure dans toutes les déclarations des internationaux, Wembanyama en tête. "Lui et les autres ont cette volonté féroce de vouloir faire quelque chose de grand avec l'Équipe de France", confirme Frédéric Fauthoux. "Quand ils viennent ce qu'ils ont tous en tête, c'est de vouloir gagner et de vouloir gagner beaucoup."